mardi, mars 29, 2005

Constitution ou ce qui nous unis

La Constitution de 1875, sous laquelle la France vit depuis plus d'un demi-siècle (1933), est la quatorzième des constitutions qui ont été expérimentées sur notre pays depuis la fin de l'ancien régime, et aussi celle qui a le plus duré.
Elle ne se présente pas, comme la forme d'un document unique, rédigé avec un souci de logique et d'harmonie intellectuelle.

Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.

Psyche 2

Choeur invisible
Nous entourons d'amour la couche où tu reposes,
Enfant, toi la plus belle et la reine des choses.
Vois ; partout, dans ce bois, ces prés, sur ces hauteurs,
Dans ces fleuves, il est pour toi des serviteurs.

Psyché
La terre à mon réveil portait, déjà parée,
Les chènes, peuple antique, et la moisson dorée.
Ces nids étaient bâtis, ces rochers étaient vieux,
Et'la plus jeune fleur s'ouvrit avant mes yeux.
Sans moi l'herbe verdi, l'onde a trouvée sa pente ;
Un autre ordonna tout avant mon âme absente ;
Un maître ici se cache, et si ce n'est pas toi,
O voix de ces beaux lieux ! quel est donc notre roi ?

Choeur invisible
Réglant l'être et la vie en un accord suprême,
Le roi de cet empire asservit les dieux même ;
Par lui les fiers lions hurlent dans les forêts,
Et les monstres des mers bondissent sous ses traits.
Nous, tour à tour chantant, voix joyeuses ou graves,
Venant de lui vers toi, nous sommes ses exclaves.



Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.

Psyche psyche

Que la lumière est douce, et que l'air plein d'encens
Baigne d'un flot sonore et pénètre mes sens !
Et si la vie est telle, oh ! qu'il est bon de vivre !
Vivais-je avant cette heure ? ai-je vu ce soleil ?
N'est-ce pas ma naissance et mon premier réveil ?
J'ai bien au fond du coeur en de vagues images
Des bois, de grands vallons, des fleuves, des rivages,
Où, le couronné, j'allais, fille de roi,
Mais dans ce pâle monde aux formes indécises,
Ni chanson ni parfums ne flottaient sur les brises ;
La terre était muette et le ciel sans clarté ;
Et je sentais pas la vie et la beauté.
Ah, j'ai dormi peut-être, en un rêve encor sombre,
De ce monde promis j'aurai vu passer l'ombre.
Choeur des vivants, salut ! Salut, O monde vrai,
En qui je me réveille et dans qui je vivrai.
Terre, fleuves, oiseaux, divin peuple des êtres,
Etes-vous, dites-moi, mes hôtes ou mes maîtres ?
Bruits, souffles embaumés, rayons, charme des yeux,
Laisse, que je t'adore, O monde harmonieux !

Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.

lundi, mars 28, 2005

Psyché Choeur invisible

Viens, nous t'aimons déjà ; viens, O douce inconnue;
La terre où tu manquais tressaille à ta venue.
Viens, habite avec nous ce monde jeune et pur ;
Nul être malfaisant n'en trouble encor l'azur.
Prends avec nous ta part des ses faveurs fécondes,
Goûte amitié ses épis et ses ondes ;
Ses arbres innocents n'ont pas de fruits amers,
Et la douceur du miel coule au fond de ses mers.
Mêle au sien ton bonheur, et ta grâce à ses grâces ;
Ses germes de beauté fleuriront sur tes traces ;
Soi belle, sans rougir, dans ton jardin natal ;
On n'y connaît pas plus ta pudeur que le mal.
Viens ; de tes frais pensers ne fais point de mystère
A ces plantes tes soeurs, à ces oiseaux tes frères !

Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.

Psyché 1

Le matin rougissant, dans sa fraîcheur première,
Change les pleurs de l'aube en gouttes de lumière,
Et la forêt joyeuse, au bruit des nids chanteurs,
Exhale son réveil en d'humides senteurs.
La terre est vierge encor, mais déjà dévoilée,
Et sourit au soleil sous la brume envolée.
Entre les fleurs, Psyché, dormant au bord de l'eau,
S'anime, ouvre les yeux à ce monde nouveau,
Et baigné des vapeurs d'un sommeil qui s'achève,
Son regard luit pourtant comme après un doux rêve.
La terre avec amour porte la blonde enfant ;
Des grands rameaux sur elle agités doucement
Le murmure et l'odeur s'épanche sur sa couche ;
Le jour pose en naissant un rayon sur sa bouche.
D'une main supportant son corps demi-penché,
Rejetant de son front ses longs chaveux, Psyché
Ecarte l'herbe haute et les fleurs autour d'elle,
Respire, et sent la vie, et voit la terre belle ;
Et blanche se dressant, dans sa robe aux longs plis,
Hors du gazon touffu monte comme un grand lis.
Les aromes, les bruits et les clartés naissantes,
Les émanations de partout jaillissantes,
Ont envahit son âme, ébranlée un mouvement ;
Et devant la nature elle hésite en l'aimant
Dans une langue alors que la vierge surprise
Sut comprendre et parler sans qu'elle l'eût apprise,
Les fleurs, les nids, les flots étant là seuls vivants,
un invisible choeur chantait avec les vents :

Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.

dimanche, mars 27, 2005

Psyché

Il est une vallée où l'harmonie habite ;
Un dieu veilleà sa porte, à nos pas interdite :
L'esprit seul dans son vol, emporté loin du temps,
Aux clartés de l'amour l'entrevoit par instants :
Quel que soit le doux nom dont chaques âge la nomme,
Sa pensée est vivante au fond du coeur de l'homme ;
Mais à la contempler nul ne peut définir
Si c'est une espérance ou bien un souvenir,
Tant l'âme balancée en sa plainte secrète
Flotte entre ces deux mots : J'attend, et je regrette.
Chaque peuple a rêvé ce merveilleux jardin,
Soit qu'avec Jéhovah il ait connul'Eden,
Soit qu'aux pieds de l'Olympe une lyre sacrée
Lui chante l'âge d'or de Saturne et de Rhée,
Ou qu'enfant, sous la tente, il aime à s'endormir
Bercé par les Péris des songes de Kashmir.

Là, dans son unité, sur l'arbre de science
Du bien, du vrai,du beau fleurit la triple essence,
Et dans l'or du feillage, aux Grâce réunis,
Là des blanches vertus les essaims font leurs nids
Avant d'aller chanter leur mélodie auguste
Sur le front de la vierge et dans l'âme du juste.
C'est là qu'avant le jour de leurs aveux charmants
S'étaient choisis déjà les couples des amants ;
C'est de là qu'à la voix du poëte ou du sage
Descendent dans nos nuits la pensée et l'image ;
Là que tout chant sublime a résonné d'abord
Avant qu'un luth mortel en répétat l'accord.

Les graines de nos fleurs ont mûri dans ce monde ;
L'art est un rameau né de sa sève féconde.
Là-haut furent cueillis, sur les prés en émail,
Le mystique rosier qui flamboie au vitrail,
L'acanthe et le lotus, qu'en légères couronnes
L'Ionie a tressés aux faîtes des colonnes.
Avant qu'un ciseau grec et qu'un pinceau romain
Les fixât pour toujours sous l'oeil du genre humain,
Les vierges au long voile et les nymphes rivales
Là-haut menaient en coeurs les danses idéales,
Et suspendant leurs jeux, là, ces filles du ciel,
Ont posé devant vous, Phidias, Raphaël !
Là, sur ton aile d'or, vers l'infini guidée,
Tu montais, O Platon ! au séjour de l'Idée :
C'est là qu'à son amant Béatrice a souri,
Et là son regard d'aigle, O Dante Alighieri !
T'emportant dans sa flamme à travers les dix sphère,
T'a du monde divin révélé les mystères.

C'est là qu'enfin Psyché vécut son premier jour
Tant qu'avec l'innocence elle garda l'amour ;
Comme en un lit joyeux de fleurs et de rosée
Par le souffle divin l'âme y fut déposée,
Et près d'elle éveillés dans l'herbe de ce sol,
Du bord de son berceau mes chants prendront leur vol.

Mais au seuil de ton oeuvre inscris donc la prière,
E dis en commençant d'où te vient la lumière,
O poëte ! malheureux aux hymnes qui naîtront
Sans que le nom d'un dieu soit gravé sur leur front !

Je sais trois soeurs au Ciel qui, les mains enlacés,
Font jaillir sous leurs l'or des bonnes pensées ;
La Grèce en adora les corps chastes et nus,
Beaux vases qui cachaient des parfums inconnus.
C'est vous, entre vos bras je m'abandonne, O Grâces !
C'est vous qui vers le but portez les âmes lasse ;
Vous par qui les présents de Dieu nous sont comptés ;
Vous qu'on appelle mieux du nom de Charités.
Par vous, de l'homme au ciel et du Ciel à la terre,
Se fait du double amour l'échange salutaire,
Le coeur vous doit son aile, et l'esprit son flambeau :
Sans vous tout homme reste incapable du beau.
La sagesse avec vous n'a jamais le front triste ;
L'oeuvre abonde et sourit sous les doits de l'artiste :
Grâces, en qui j'ai foi, saintes filles de Dieu,
Touchez, touchez mon front de vos lèvres de feu.

Ah ! l'inspiration n'appartient à personne,
Pas plus qu'à ce rameau dont la feuille résonne,
Le vent qui le caresse et qui le fait chanter,
Et le Dieu qui la donne est libre de l'ôter.
Nul ne peut devancer l'heure par vous choisie,
O Grâces ! pour verser en lui la poésie.
Mais l'artiste pieux, au coeur pur et sans fiel,
Peut, à force d'amour, vous arracher au Ciel.
Venez donc ; vous savez si l'art m'est chose sainte,
Si j'ai touché jamais à la lyre sans crainte,
Si j'attends rien de moi, qsi l'orgueil me nourrit,
Et dans quel tremblement j'invoque ici l'esprit,
O Grâce ! descendez, belles vierges antiques,
Formez autour de moi vos cadences mystiques,
Et qu'en un même accord, sur trois modes divers,
La douceur de vos voix coule à flots dans mes vers.


Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.

samedi, mars 26, 2005

mail à l académie perdu !

J'ai appris que l'article que j'avais envoyé à l'académie des sciences s'était perdu ! Pourtant j'avais la confirmation de réception du mail. Peu importe car l'académie m'a renvoyé un dossier complet à remplir avant le 25 mars, chose que j'ai faite, et envoyé par mail le 24/3. Pour l'occasion j'ai repris tout le dossier qui comportait cinq documents. je site le début du nouvel article :

PROPOSITION D'ANALYSE D'UNE COURBE EN BIOLOGIE
Par pierre jocelyn Andre

Objectif :
a) Définir une méthode d'analyse simplifiée des courbes expérimentales et identifier le nombre de facteurs influençant les courbes analysées.
b) Déterminer un nombre sans dimension qui sera caractéristique de chaqu'un de ces facteurs et qui se retrouvera dans les autres analyses fesant intervenir ces facteurs.
c) Se libérer de la notion de quantité qui est une des grandes problématiques de la biochimie moderne, car les produits purifiés sont extrèmement couteux et parfois même rare.
d) Passer d'une analyse sur deux dimensions à une analyse sur une dimension, car la base de temps est considérée dans la méthode comme étant la variation elle-même. Ceci simplifie grandement les calculs.
e) Utiliser une méthode simple, accessible à tous sans avoir à faire appelle aux mécanismes complexes de la régulation en utilisant une méthode de rapprochement des intervalles pour identifier les points de la courbes de mesures.

A la recherche de valeurs reconnues, nous avons choisi une courbe trouvée dans BIOKIN : Program DYNAFIT for the analysis of enzyme kinetic data: application to HIV proteinase."
Kuzmic, P. (1996) Anal. Biochem. 237, 260-73. Les critères qui m'ont conduit à ce choix sont :
La renomée du périodique qui indique que les informations trouvées sont issues d'un protocole élaboré et sérieux.
Le fait que plusieurs courbes soient présentées, ce qui permet d'identifier d'éventuelles fonctions similaires entre les deux courbes.
La forme des courbes qui correspond a une forme que j'ai souvent rencontré en pratiquant mon métier, qui est la régulation.

Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.

vendredi, mars 25, 2005

roland ou parlez-vous français

Rodlanz ferit en une piedre bise ;
Plus en abat que jo ne vos sai dire ;
L'espede croist, ne froisset ne ne briset,
Contre lo ciel a mont est ressortide.
Quant veit li coms que ne la fraindra mie,
Molt dolcement la plainst a sei medisme :
" E ! Durendal come iés bele e saintisme !
En l'orie pont assez i at reliques,
Un dent saint Piedre e del sanc saint Basilie,
E des chevels mon seignor saint Denisie,
Del vestement i at sainte Marie :
Il n'en est dreit que paien te baillissement ;
De crestiiens devez estre servide.
Molt larges terres de vos avrai conquises,
Que Charles tient, qui la barbe at floride ;
Li emperedre en est e ber e riches.
Ne vos ait om qui facet codardie !
Dieus, ne laissiez que France en seit honide !

Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.

Girard ou parlez-vous français ?

N'ot que trois gestes en France la garnie
Du roi de France est la plus seignorie,
Et l'autre après, bien est droiz que gel die,
Est de Doon à la barbe florie
La tierce geste qui molt fist a proisier
Fu de Garin de Mongiane le fier
(girard de Vienne)

Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.

mardi, mars 22, 2005

Saint Léger ou parlez-vous français ?

Sed il nen at langue a parler,
Dieus exodist les sons pensers ;
Et sed il nen at uoils carnels,
En cuor les at espiritels ;
Et sed en corps at grant torment,
L'aneme ent avrat consolement

Ouai ça donne au bruit du moment S'il n'a pas de langue pour parler, Dieu entend ses pensées ; s'il n'a pas les yeux de chair, il a dans le coeur ceux de l'esprit ...


Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.

sainte Eulalie ou parlez-vous français ?

Buona pulcella fut Eulalia,
Bel avret corps, bellezour anima.
Voldrent la veintre li Deo inimi,
Voldrent la faire diavle servir.
Elle non eskolet les mals conselliers,
Qu'elle Deo ranciet, chi maent sus en ciel,
Ne por or ned argent ne paramenz
Por manatce regiel ne preiement

En argot d'aujourd'hui celà donne Eulalie fut une vaillante jeune fille, elle eut un beau corps, une âme plus belle. Les ennemis de Dieu ...

Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.

serment de Louis ou parlez-vous français ?

Pro deo amur et pro christian poblo et nostro commun salvamente, d'ist di in avant, in quant Deus savir et podir me dunat, si salvarai eo cist meon frade karlo, et in aiudha et in cadhuna cosa, si cum om per dreit son fradra salvar dift, in o quid il mi altresi fazet, et ab ludher nul plaid nunquam prindrai, qui meon vol cist meon fradre karle in damno sit.
En français vulgaire celà donne Pour l'amour de Dieu et pour le salut commun du peuple chrétien et le nôtre, à partir de ce jour, autant que Dieu m'en donne le savoir et le pouvoir, je soutiendrai mon frère Charles que voici, par mon aide et en chaque chose, ainsi qu'on doit justement soutenir son frère, à condition qu'il m'en fasse autan, et avec Lothaire je ne prendrai jamais aucun arrangement, qui, par ma volonté, soit au détriment de mon frère Charles que voici.

Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.

lundi, mars 21, 2005

l'espoir

Voilà j'ai fini hier un texte pour le café-philo de Montpellier. En effet c'est mon sujet qui a été choisit, l'espoir pour le nommer. Je pense que l'espoir est un des pire maux de l'humanité et j'espère pouvoir bientôt le démontrer. La rencontre aurra lieu le 20 avril. Le 20 avril à Montpellier, je parlerai de l'espoir par rapport à Dieu et à l'amour.

Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.

dimanche, mars 13, 2005

Mes petites col�res et mes petites joies aussi: Interdit !

Comment le plaisir de dicter fait oublier à certains que les premiers siècles les femmes faisaient la messe ! Au lieu de partager base de ma religion, voilà que même les affiches rappelant la scène du christ sont interdires, voir le lien.
Mes petites col�res et mes petites joies aussi: Interdit !

lundi, mars 07, 2005

histoire d'un crime I " Victor Hugo "

Ceux qui dorment et celui qui ne dort pas.
Dans cette nuit du 3 et 4, pendant qu'accablés de fatigue et promis aux catastrophes, nous dormions d'un sommeil honnête, on ne fermait pas l'oeil à l'Elysée, le plus intime, après Morny, des confidents de l'Elysée, le comte Roguet, ancien pair de France et lieutenant général, sortait du cabinet de Louis Bonaparte ; Roguet était accompagné de Saint-Arnaud. Saint-Arnaud était, on s'en souvient, le ministre de la guerre de ce moment-là.
Deux colonels attendais dans le petit salon de service.
Saint-Arnaud était un général qui avait été figurant à l'ambigu. Il avait débuté par être comique à la banlieue. Tragique, plus tard. Signalement : haute taille, sec, mince, anguleux, moustaches grises, cheveux plats, mine basse. C'était un coupe-jarret, mais mal élevé. Il prononçait " peuple souvérain". Morny en riait. " Il ne prononce pas mieux le mot qu'il ne comprend la chose ", disait-il. L'Elysée, qui se piquait d'élégance, n'acceptait qu'à demi Saint-Arnaud. Son côté sanglant lui faisait pardonner son côté vulgaire. Saint-Arnaud était brave, violent et timide. Il avait l'audace du soulard galonné et la gaucherie de l'ancien pauvre diable. Nous le vîmes un jour à la tribune, blême, balbutian, hardi. Il avait un long visage osseux et une mâchoire inquiétante. Son nom de théâtre était Florial. C'était un cabotin passé reître. Il est mort maréchal de France. Figure sinistre.
Les deux colonels qui attendaient Saint-Arnaud dans le salon de service étaient deux hommes d'expédition chefs chacun d'un de ces régiments décisifs qui, dans les occasions suprêmes, entraînent les autres régiments, selon la consigne, dans la gloire, comme à Austerlitz, ou dans le crime, comme au Dix-huit Brumaire. Ces deux officiers faisaient partie de ce que Morny appelait " la crème des colonels endettés et viveurs ". Nous ne les nommerons pas ici ; l'un est mort, l'autre existe ; il se reconnaîtra. Du reste, on a pu les entrevoir dans les premières pages de ce livre.
L'un, homme de trente-huits ans, était retors, intrépide, ingrat ; trois qualités pour réussir. Le duc d'Aumale, dans l'Aurès, lui avait sauvé la vie. C'était alors un jeune capitaine. Une balle lui traversa le corps, il tomba dans les buissons, les kabyles accoururent pour lui couper et lui emporter la tête, le duc d'Aumale survint avec deux officiers, un soldat et un trompette, chargea les kabyles et sauva ce capitaine. L'ayant sauvé, il l'aima. L'un fut reconnaissant, l'autre pas. Le reconnaissant, ce fut le sauveur. Le duc d'Aumale sut gré à ce jeune capitaine de lui avoir donné l'occasion d'un fait d'armes. Il le fit chef d'escadron ; en 1849, ce chef d'escadron fut lieutenant-colonel, commanda une colonne d'assaut au siège de Rome, puis revint en Afrique, où Fleury l'embaucha en même temps que Saint-Arnaud. Louis Bonaparte le fit colonel en juillet 1851, et compta sur lui. En novembre, ce colonel de Louis Bonaparte écrivait au duc d'Aumale : " Il n'y a rien à attendre de ce misérable aventurier." En décembre, il commandait un régiment meurtrier. Plus tard, dans la Dobrudcha, un cheval maltraité se fâcha et d'un coup de dent lui arracha une joue, de sorte qu'il n'y eut plus place sur ce visage que pour un soufflet.
L'autre grisonnait et avait quarante-huits ans. C'était, lui aussi, un homme de plaisir et de meurtre. Comme citoyen, abject ; comme soldat, vaillant. Il avait sauté un des premiers sur la brèche de Constantine. Beaucoup de bravoure et de bassesse. Aucune chevalerie, que d'industrie. Louis Bonaparte l'avait fait colonel en 1851. Ses dettes avaient été payées deux fois par deux princes : la première fois par le duc d'Orléans, la seconde fois par le duc de Nemours.
Tels étaient ces colonels.
Saint-Arnaud leur parla quelque temps à voix basse.

Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.