mardi, juillet 31, 2007

C'est mathématique

Travailler plus permet d'oublier sa condition.
Combien d'ouvriers sont envoyés dans la nature à l'aide d'une clef de douze pour dévisser l'écrou de vingt ? Une heure, une journée, un mois, une vie, ne voici pas la même chose, si ce n'est le fait qu'il n'aura pas eu le temps de penser, pas eu le temps d'exister.
Travailler plus, pour gagner plus, pour cela il suffit d'oublier ce que veut dire gagner.
Gagner des amis ?
Gagner des enfants ?
Gagner une reconnaissance éternelle ?
Gagner l'oublie ?
Gagner pour gagner Dieu sait quoi ?
Gagner au loto ?
Gagner des idées ?
Gagner le droit d'imposer à autrui ?
Gagner le droit de partager l'instant ?
Gagner le droit de prier ?
Gagner le droit de croire que l'outil est supérieur à l'homme ?
Mon Dieu, si c'est ça gagner, je préfère vivre car rien ne m'apporte autant.

Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.

samedi, juillet 21, 2007

laprade

II

Sur l'herbe encore humide et les cailloux d'argent
Psyché pose au hasard ses pieds, et va songeant,
Et suit du souvenir la pente involontaire.
Les plaisirs de la nuit, ses terreurs, son mystère,
Revivent à la fois dans son coeur retracés ;
Elle tremble et rougit à ses propres pensers.
La terre ce matin semble à ses yeux nouvelle,
Et sur l'onde penchée elle s'y voit plus belle ;
Elle cherche avec crainte, avec ravissement,
Les vestiges sacrés de l'invisible amant ;
Elle va regardant sous les eaux diaphanes,
Dans le creux de rochers couverts par les lianes,
Dans les touffes de fleurs, et dans l'ombre des bois,
En tout lieu d'où s'échappe un parfum, une voix ;
Et partout, du gazon, de l'eau, de la feuillée,
Une voix lui répond par la sienne éveillée.

PSYCHE.

C'est bien la même terre, et le même printemps

Y verse un jour pareil aux mêmes habitants.

Entre les mêmes fleurs, le fleuve aux couleurs tendres,

De son mobile azur promène les méandres.

Hier, un chant planait déjà sur ces roseaux ;

L'émail et l'or paraient les plumes des oiseaux :

Et cependant la nuit, sans m'en dire la cause,

Semble avoir à ce monde ajouté quelque chose.

J'ai vu ces gais bouvreuils, cet aigle au regard fier ;

Tout m'est nouveau pourtant, tout est plus beau qu'hier ;

plus qu'hier la nature et me charme et m'invite ;

et comme dans mon coeur la sève y court plus vite !

CHOEUR INVISIBLE.

C'est que le roi nous a visité cette nuit.

Lépoux mystérieux vers ta couche conduit !

c'est qu'il a pour te voir traversé son empire,

Et répandu sur nous l'éclat de son sourire :

Et chaque fois qu'il vient, puissant avec bonté,

Il sème à pleine mains la vie et la beauté.

LES OISEAUX.

Il est des jours ou l'air supporte mieux nos ailes ;

Un mouvement plus doux berce les rameaux frêles ;

Les grains au bord des champs s'épanchent par milliers,

Et les fruits sont plus mûrs aux arbres familiers ;

Nos appels amoureux de plus loin se répondent ;

Près des nids à batir mousse et duvets abondent :

les brebis ont laissé plus de laine aux buissons ;

Les chênes sont peuplés de joyeuses chansons ;

Au roi qui fait pleuvoir tant de biens sur ces traces,

A l'amant de Psyché, les oiseaux rendent grâces.

LES PLANTES.

Il est aussi pour nous les jours où tout fleurit,

Au souffle calme et chaud d'un invisible esprit ;

Une poussière d'or jaunit les étamines,

Des sucs plus nourrissants abreuvent les racines,

Lépi laiteux jaillit et gonfle sur le blé,

Le nombre des bourgeons sur la branche est doublé,

Et dans le sein desfleurs apportant des délices,

Un doux vent l'un sur l'autre incline nos calices.

Ce qu'alors nous puisons dans la terre ou le ciel,

En nos veines devient parfum, couleur et miel ;

Les rayons et la sève à nos tiges affluent :

O roi jeune et fécond, les plantes te saluent !

LES SOURCES.

Il est des jours sacrés, des jours que nous aimons,

Où la source descend plus pure aux pieds des monts ;

Où, sur le sable fin, sans pluie et sans tourmente,

L'onde semble dormir, et pourtant suit sa pente ;

Où nul flotne s'irrite et ne gronde en marchant ;

le peuple des forêts s'égaie à notre chant ;

Le vent ne jette rien que fleurs et vert feillage

Sur l'argent des graviers et l'or des coquillages ;

Et mille êtres, mêlés par un amour fécond,

Sagitent sous les eaux sans en troubler le fond.




Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.

jeudi, juillet 19, 2007

de

PSYCHE
LIVRE PREMIER

Le matin rougissant, dans la fraîcheur première,
Change les pleurs de l'aube en gouttes de lumière,
Et la forêt joyeuse, au bruit des nids chanteurs,
exhale son réveil en d'humides senteurs.
La terre est vierge encor, mais déjà dévoilée,
Et sourit au soleil sous la brume envolée.
Entre les fleurs, Psyché dormant au bord de l'eau,
S'anime, ouvre les yeux à ce monde nouveau,
Et baigné des vapeurs d'un sommeil qui s'achève,
Son regard luit pourtant comme après un doux rève.
La terre avec amour porte la blonde enfant ;
Des grands rameaux sur elle agités doucement
Le murmure et l'odeur s'épanchent sur sa couche ;
Le jour pose en naissant un rayon sur sa bouche.
D'une main supportant son corps à demi-penché,
rejetant de son front ses longs ceveux, Psyché
Ecarte l'herbe haute et les fleurs autour d'elle,
Respire, et sent la vie, et voit la terre belle ;
Et blanche se dressant, dans sa robe aux longs plis,
Hors du gazon touffu monte comme un grand lis,
Les aromes, les bruits et les clartés naissantes,
Les émanations de partout jaillissantes,
Ont envahi son âme, ébranlée un moment ;
Et devant la nature elle hésite en l'aimant.
Dans une langue alors que la vierge surprise
Sut comprendre et parler sans qu'elle l'eût apprise,
Les fleurs, les nids, les flots étant là seuls vivants,
Un invisible choeur chantait avec les vents :
CHOEUR INVISIBLE.
Viens, nous t'aimons déjà ; viens, O douce inconnue ;
La terre où tu manquais tressaille à ta venue.
Viens, habite avec nous ce monde jeune et pur ;
Nul être malfaisant n'en trouble encor l'azur.
Prends avec nous ta part de ses faveurs fécondes,
Goute avec amitié ses épis et ses ondes ;
Ses arbres innocents n'ont pas de fruits amers,
Et la douceur du miel coule au fond de ses mers.
Mêle au sien ton bonheur, et ta grâce à ses grâces ;
Ses germes de beauté fleuriront sur tes traces ;
Sois belle, sans rougir, dans ton jardin natal ;
On n'y connaît pas plus la pudeur que le mal.
Viens ; de tes frais pensers ne fais point de mystère
A ces plantes tes soeurs, à ces oiseaux tes frères !
PSYCHE
Que la lumière est douce, et que l'air plein d'encens
Baigne d'un flot sonore et pénètre mes sens !
Quel souffle harmonieux me caresse et m'enivre !
Et si la vie est telle, Oh ! qu'il fait bon vivre !
Vivais-je avant cette heure ? ai-je vu ce soleil ?
N'est-ce pas la naissance de mon premier réveil ?
J'ai bien au fond du coeur en de vagues images
Des bois, de grands vallons, des fleuves, des rivages,
Où, le couronné, j'allais, fille de roi,
Guidand au bord des eaux des vierges comme moi ;
Mais dans ce pâle monde aux formes indécises,
Ni chanson, ni parfum ne flottaient sur les brises ;
la terre était muette et le ciel sans clarté ;
Et je ne sentais pas la vie et la beauté.
Ah ! j'ai dormis peut-être, en un rêve encor sombre,
De ce monde promis j'aurai vu passer l'ombre.
Choeur des vivants, salut ! salut, O monde vrai,
En qui je me réveille et dans qui je vivrai.
Terre, fleuves, oiseaux, divin peuple des êtres,
Etes-vous, dites moi, mes hôtes ou mes maîtres ?
Bruits, souffles embaumés, rayons, charme des yeux,
laisse, que je t'adore, O monde harmonieux !
CHOEUR INVISIBLE.
Nous entourons d'amour la couche ou tu repose.
Enfant, toi la plus belle et la reine des choses.
Vois ; partout, dans ces bois, ces prés, sur ces hauteurs,
dans ces fleuves, il est pour toi des serviteurs.
PSYCHE
La terre à mon réveil portait, déjà parée,
Les chênes, peuple antique, et la moisson dorée.
Ces nids étaient bâtis, ces rochers étaient vieux,
Et la plus jeune fleur s'ouvrit avant mes yeux.
Sans moi l'herbe a verdi, l'onde a trouvé sa pente ;
Un autre ordonna tout avant mon âme absente ;
Un maître ici se cache, et si ce n'est pas toi,
O voix de ces beaux lieux ! quel est donc notre roi ?
CHOEUR INVISIBLE.
réglant l'être et la vie en un accord suprême,
Le roi de cet empire asservit les dieux même ;
Et les monstres des mers bondissent sous ses traits.
Nous, tour à tour chantant, voix joyeuses ou graves,
Venant de lui vers toi, nous sommes ses exclaves.
PSYCHE
J'ai gardé du sommeil un rêve, un rêve animé,
Eclos à la même heure où mon coeur fut formé :
Une voix qui semblait descendre des collines
M'appelait, m'invitait à des noces divines.
les vierges ma paraient pour un hymen certain.
Vers l'époux inconnu, roi d'un pays lointain,
Entrainée, et cédant à d'invisibles charmes,
J'allais avec amour, mais non sans quelques larmes.
Le réveil, ces beaux lieux, ce jour qui luitt sur moi,
De mes désirs craintifs ont redoublé l'émoi.
CHOEUR INVISIBLE.
Espère. A son vrai but, comme la source vive
A l'éternelle mer, toute espérance arrive ;
Chaque rêve et chaque ombre ont leur réalité.
Viens : par le jeune époux ce monde est habité ;
C'est lui qui nous envoie, abrégeant ton attente,
Au seuil de son palais saluer son amante.

Et la voix s'éteignit ; mais le son prolongé
Resta flottant sur l'air de musique chargé.
sur l'haleine de l'onde et l'herbe attiédie,
Comme un soupir du sol montait la mélodie.

Psyché, livrant son âme aux souffles merveilleux,
Aux accords, aux rayons émanés de ces lieux,
S'avance au bord du fleuve, et dans sa marche lente
Ecoute chaque nid et parle à chaque plante.
La tendre symphatie illumine son oeil ;
Les fleurs et les oiseaux lui rendent son accueil ;
Flots et feuilles, près d'elle ont un plus frai murmure,
La terre abondamment exhale son odeur pure,
Tous les êtres semblaient, domptés par sa douceur,
L'adorer comme reine et l'aimer comme soeur.
L'enfant partage entre eux les grâces du sourire,
Et prend possession du fraternel empire ;
Sa main des grands lions flatte les crins épais,
-Car rien n'avait alors troublé l'antique paix,
Tout ce qui vit formait une seule famille ;-
Mille oiseaux par les bois suivent la jeune fille ;
La mousse s'épaissit lorsqu'elle y veut s'asseoir.
Ainsi dans la vallée elle erra jusqu'au soir.
Admirant tout, les fleurs, les cieux, et l'air sonore,
Et rêvant de ce roi qui se cachait encore.
or la nuit, déployant ses ailes de vapeurs,
Ramène vers Psyché les invisibles choeurs ;
C'est d'abord sur la brume une rumeur qui vole,
Et le son rapproché devient une parole.
CHOEUR INVISIBLE.
Voici l'heure d'hymen, nous précédons l'époux,
Il étaeint les flambeaux de son bonheur jaloux.
Revêtant ses plaisirs de calme et de mystère,
Il attend pour aimer l'heure ou s'endort la terre.
Les oiseaux en leurs nids, l'un l'autre serrés,
Et l'abeille en sa ruche, et la cigale aux prés,
Et les nappes d'azur que nuls souffles ne plissent,
Et le vent dans sa grotte, et les bois s'assoupissent.
Sur les insectes d'or les grands lis ne sont clos,
Et le dernier rayon est rentré sous les flots.
Sans que bruits où lueurs troublent sa paix suprême,
La sainte volupté peut jouir d'elle-même ;
Que l'ombre sur ton front pleuve sans t'alarmer,
Viens, l'inconnu t'attend ; viens ; c'est l'heure d'aimer.

Devant elle glissant comme un zéphir paisible,
le choeur chantant toujours et toujours invisible,
Sur sa trace écartait doucement les rameaux ;
Et Psyché, telle on voit sur l'écume des eaux,
Après un grand navire une fleur qui surnage,
Suivait à son insu l'harmonieux sillage,
Et le flot la porta vers le palais heureux;
par la vertu des chants il s'ouvrit devant eux.
Sous les grands toits déserts les mêmes voix mystiques
La conduisaient encore à travers les portiques ;
Elle y semblait voguer sur des courants secrets ;
Tel, sur un lac tombé, le rameau des forêts,
par des eaux qu'on dirait immobiles, sereines,
Est poussé jusqu'au fond des grottes souterraines.
La vierge ainsi s'avance effleurant le tapis,
Entre les murs jaspés de marbre et de lapis,
Où, de mille flambeaux étoilant les arcades
L'or étincelle au front des blanches colonnades ;
Et l'invisible guide a déposé Psyché
Sur le lit nuptial dans la pourpre caché.
La voix expire alors, le palais devient sombre :
L'enfant s'étonne et tremble, et pleure au sein de l'ombre,
Et nul enseignement n'éclairant sa pudeur,
Son ignorance même ajoute à sa frayeur.

Une autre voix bientôt monta dans le silence,
Un chant si doux, si plein de grâce et de puissance,
Qu'auprès de sa musique, ornement de la nuit,
Les premières chansons n'étaient rien qu'un vain bruit.
C'est l'invisible roi du vallon de délices.
Il vient de l'âme en fleur posséder les prémices,
C'est l'archer qui répand ses flèches en tout lieu,
C'est lépoux, c'est Eros, c'est vous, O jeune Dieu !

Ne crains pas, O Psyché, dans cette nuit propice,
Laisse, ea toi que l'espoir avec l'amour se glisse ;
Voici, voici l'époux, son visage voilé,
Mais son coeur à tes yeux s'est déjà révélé,
Et tu peux, à travers l'ombre qui l'environne,
Juger par ces tréssors celui qui te les donne.
Vois cette heureuse terre, est-ce un dieu sans amour
Qui pour don nuptial t'offrit ce doux séjour ?
Toute chose est à toi dans ce fécond royaume,
Le chêne t'y doit l'ombre, et la rose le baume ;
Le vent, l'onde, l'oiseau, tous bruits mélodieux
Sont nés pour ton oreille, et le ciel pour tes yeux ;
Pour tes lèvres de miel, le lait, ce qui ruiselle
A flot de chaque ruche et de chaque mamelle ;
La mousse pour tes pieds, les gazons caressants,
Tout est fait pour payer un tribut à tes sens.
Lorsque tu parleras, partout dans les campagnes
des voix te répondront, tes fidèles compagnes.
Chez les êtres vivants avec toi conviés,
Tu pourras à ton gré choisir des amitiés.
Durant le jour souvent la voix de l'époux même
Te fera souvenir qu'il te suit et qu'il t'aime ;
Et chaque soir ici tu viendras reposer
Sur sa douce poitrine et goûter son baiser.
Mais si tu ne veux pas, comme ton premier songe,
Voir s'effacer l'ivresse où ce baiser te plonge,
N'ose pas, O Psyché, d'un flambeau curieux,
Interroger d'hymen le lit mystérieux ;
Le destin plus puissant et sans doute plus sage,
Ne veut pas de l'époux te montrer le visage ;
Mais livre-lui ton âme, enfant, et tu verras
S'éveiller tout un monde éclos entre ses bras.

Et les lèvres d'Eros touchant son front pudique
Y déposent le sceau de l'union mystique ;
Bientôt la vierge laisse en son trouble charmant
Sa ceinture tomber sous les doigts de l'amant,
Et parmi les soupirs et les baisers sans nombre,
Les rites de l'hymen s'accomplirent dans l'ombre.

Le palais vaste était inondé de soleil,
Lorsqu'au matin Psyché secouant le sommeil,
Cherchait près d'elle Eros et lui parlait encore ;
Mais le nocturne époux avait fui dès l'aurore.

Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.

mercredi, juillet 18, 2007

A victor

il est une vallée où l'harmonie habite ;
Un dieu veille à sa porte, à nos pas interdite :
L'esprit seul dans son vol, emporté loin du temps,
Aux clartés de l'amour l'entrevoit par instant ;
Quel que soit le dous nom dont chaque âge la nomme,
Sa pensée est vivante au fond du coeur de l'homme ;
Mais à la contempler nul ne peut définir
si c'est une espérance ou bien un souvenir,
Tant l'âme balancée en sa plainte secrète
Flotte entre ces deux mots ; j'attends, et je regrette,
Chaque peuple a rêvé ce merveilleux jardin,
Soit qu'avec Jéhova il ait connu l'Eden,
Soit qu'aux pieds de l'Olympe une lyre sacrée
lui chante l'âge d'or de Saturne et de rhée,
ou qu'enfant, sous la tente, il aime à s'endormir
Bercé par les Péris des songes de Kashmir,

Là, dans son unité, sur l'arbre de science
Du birn, du vrai, du beau fleurit la triple essence,
Et dans l'or du feuillage, aux Grâces réunis,
là des branches vertus les essaims font leurs nids
Avant d'aller chanter leur mélodie auguste
Sur le front de la vierge et dans l'âme du juste.
C'est là qu'avant le jour de leur aveux charmants
S'étaient choisis déjà les couples des amants ;
C'est de là qu'à la voix du poëte ou du sage
Descendent dans nos nuits la pensée et l'image ;
Là que tout chant sublime a résonné d'abord
Avant qu'un luth mortel en répétât l'accord.
Là-haut furent cueillis, sur les prés en émail,
Le mystique rosier qui flamboie au vitrail,
L'acanthe et le lotus, qu'en légères couronnes
L'ionie a tressés aux faites des colonnes
Avant qu'un ciseau grec et qu'un pinceau romain
Les fixat pour toujours sous l'oeil du genre humain,
Les vierges au long voile et les nymphes rivales
là-haut menaient en choeurs les danses idéales,
Et suspendant leurs jeux, là, ces filles du ciel,
Ont posé devant vous, Phidias, Raphaël !
Là, sur ton aile d'or, vers l'infini guidée,
tu montais, o Platon ! au séjour de l'idée ;
C'est là qu'à son amant Béatrice a souri,
Et là son regard d'aigle, o Dante Alighieri !
T'emportant dans sa flamme à travers les dix sphères,
T'a du monde divin révélé les mystères.

C'est là qu'enfin Psyché vécut son premier jour
Tant qu'avec l'innocence elle garda notre amour ;
comme en un lit joyeux de fleurs de de rosée
par le souffle divin l'âme y fut déposée,
Et près d'elle éveillés dans l'herbe de ce sol,
Du bord de son berceau mes chants prendront leur envol.

Mais au seil de ton oeuvre, inscrit donc la prière,
Et dis en commençant d'où te viens la lumière,
O poëte ! malheur aux hymnes qui natrons
sans que le nom de dieu soit gravé sur leur front !

Je sais trois soeurs au Ciel qui, les mains enlacées,
Font jaillir sous leurs pas l'or des bonnes pensées ;
La Grèce en adora les corps chastes et nus,
Beaux vases qui cachaient des parfums inconnus.
C'est vous, entre vos bras je m'abandonne, O Grâces !
Cest vous qui vers le but portez les âmes lasses ;
vous par qui les présents de Dieu nous sont comptés ;
vous qu'on appelle mieux du nom de Charités.
Par vous, de l'homme au Ciel et du Ciel à la terre,
Se fait du double amour l'échange salutaire,
Le coeur vous doit son aile, et l'esprit son flambeau ;
Sans vous tout homme reste incapables du beau.
la sagesse avec vous n'a jamais le front triste ;
L'oeuvre abonde et sourit sous les doigts de l'artiste ;
Grâce, en qui j'ai foi, saintes fille de Dieu,
Touchez, touchez mon front de vos lèvres de feu.

Ah ! l'inspiration n'appartient à personne,
Pas plus qu'à ce rameau dont la feuille résonne,
Le vent qui le caresse et qui le fait chanter,
Et le Dieu qui la donne est libre de l'ôter.
Nul ne peut devancer l'heure par vous choisie,
O Grâce ! pour verser en lui la poésie.
Mais l'artiste pieux, au coeur pur et sans fiel,
Peut, à force d'amour, vous arracher au Ciel.
venez donc, vous savez si l'art m'est chose sainte,
Si j'ai touché jamais à la lyre sans crainte,
Si j'attends rien de moi, si l'orgueil me nourrit,
Et dans quel tremblement j'invoque ici l'esprit,
o Grâce ! descendez, belles vierges antiques,
Formez autour de moi vos cadences mystiques,
Et qu'en un même accord, sur trois modes divers,
La douceur de vos voix coule à flots dans mes vers.

Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.

reflexion

Nous trouvons dans le dictionnaire :
les quatre opérations de l'arithmétique : addition, soustraction, multiplication, division
Mais nous nous apercevons depuis l'antiquité et depuis Laplace qui l'a modélisé que le monde se modélise à l'aide de la réflexion. -la réaction influence l'action-
La question qui se pose en ce siècle est :
Pouvons nous continuer à utiliser -voir sélectionner à l'aide d'- un système construit sur un modèle cartésien, sachant que celui-ci ne nous permet pas de modéliser le monde qui nous entoure ?
Que ce soit laplace avec son modèle de base réfléchie : y = k (1 - exp ( -t/jo) ) ou Lavoisier, ou même l'observation, tout nous prouve que l'arithmétique n'est pas le bon outil.
De plus son application n'existe que dans l'ancien régime -post 1793- en créant une notion subjective de grades et de titres, mais tout nous pousse à croire dans les relations humaines, qu'aucun maitre ne peut exister, si nul n'accepte d'être son exclave, comme nous l'avons proclamé dans notre constitution.
Les relations humaines se construisent à deux, tout le reste n'est que tromperies et abus, les relations et associations issues de l'observation en sciences physiques ou biologiques sont construites sur des bases exponentielles réfléchies l'arithmétique n'est qu'un encombrant trompeur en ces domaines.
Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.

samedi, juillet 14, 2007

sort






Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.

sortir






Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.

sotir ce






Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.

sortir ce soir






Descartes ou l'art de limiter la perception à l'euthanasie personnel est cet étrange forme d'association qui interdit de penser autrement. Mais voila l'observation est la pour nous dire que les sciences physiques actuelles ne sont qu'une vue de l'esprit, l'amour est la pour nous dire que la vie ne se mesure pas au mètre cartésien.


Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.

vendredi, juillet 13, 2007

voulez-vous sortir ce soir ?

Pérol ou Lattes ?








Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.

fleurs en juillet






C'est mathématique, le monde est plus doux au travers d'une rose.



Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.

mercredi, juillet 11, 2007

CRUZOKU

Voici, un nouveau jeu de réflexion qui se nomme le CRUZOKU.
A vos crayons, à vos stylos, le casse tête est au bout du lien.

Cinq minutes de rire pour un adulte, durent une éternité pour un enfant.